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Confrérie de la Source
 
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Pourquoi et comment la Confrérie est née
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Ondine
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Post Posted : Mon 1 Oct - 18:08    Post subject : Pourquoi et comment la Confrérie est née Reply with quote

Un jour, dans la salle de la taverne de l'Aligot, Ondine était entourée de ses amis. Tous là à débattre de l'avenir du Bourbonnais-Auvergne... Et voila, ce qui se passa...

Silencieuse tout à coup, Ondine les observait un à un : Amis, connaissances, intimes… Tous avaient un lien entre eux, elle le savait. Elle sourit doucement, pensant tout à coup à cette décision qu’elle avait présentée et que brusquement elle se mettait à considérer comme une réalité possible, un rêve annoncé que de nombreux bourbonnais-auvergnats attendaient depuis longtemps. Sûrement… Il se pouvait en être autrement… Le sang battant à ses tempes, elle se leva soudain. D’un signe de tête vers Maurin elle lui fit comprendre qu’il pouvait maintenant faire ce qu’elle avait demandé. Elle regarda l’homme opiner du chef et s’éclipser après avoir contenté les derniers clients arrivés. Se penchant vers Clélie, Ondine lui murmura d’ouvrir les fenêtres en grand, et la porte aussi… Laissant faire la jeune femme, elle parcourut son auditoire du regard, silencieuse ; puis entreprit de se percher sur le banc qu’elle venait de quitter.
Alors, à peine plus fort que d’habitude, Ondine prit la parole d’une voix rendue un peu rauque par l’émotion qui soudain l’étreignait.


" - Voila maintenant un moment que mon cœur ne me parlait plus, je n’entendais plus la voix qui m’a toujours guidée dans mes décisions. Cela me rendait triste, je me disais que peut-être je n’avais plus rien à accomplir ici-bas. Puis est venu le temps de la guerre et la disparition de Chevalerie… Il s’était ouvert à quelques uns d’entre nous, affirmant son désir de voir notre Duché revivre. Je l’avais écouté, trouvant ses idées intéressantes et j’attendais son retour pour prendre une décision : le rejoindre ou non. Il n’est pas revenu… Quand j’ai appris cela, cette petite voix qui me manquait tant est revenue : Elle m’a susurré d’écouter mon cœur et d’aller de l’avant, sans peur."

Tournant son regard vers la place, l'air soucieux

" - J’ai demandé à Clélie d’ouvrir les fenêtres et la porte de cette taverne pour que tous autant que vous êtes, vous écoutiez. Entendez-vous ce silence ? Ressentez-vous cet ennui qui plane autour de nous ? Voyez-vous le vide de notre Place qui devrait pourtant à cette heure retentir de discussions animées, d’exclamations de joie ?! Le Bourbonnais-auvergne se meurt… il se meurt d’ennui, se complaisant dans sa gloire passée, se reposant sur les coffres rempli d’écus qui s’amassent dans les caves du Château et de nos Mairies…
Chacun vit pour lui-même, ailleurs, loin des autres. Chacun oublie qu’il appartient à ce Duché, qu’il en est l’essence et la vie ! "

La voix s’éclaircissant au fur et à mesure de sa tirade, Ondine veut convaincre, passer ses certitudes et son enthousiasme. La jeune femme ouvre ses mains devant elle, paumes en avant, doigts écartés en un geste d’offrande. Son visage devient lumineux, éclairé par l’espoir qui la porte. Elle oublie où elle se trouve pour ne plus penser qu’au but qu’elle s’est fixé.

"- Il est temps que nous parlions autour de nous, disant à qui veut l’entendre qu’il est fini ce temps, que désormais la route s’ouvre devant tous ceux qui croient vraiment que tout peux changer ! Il est temps que la devise de notre Duché devienne enfin une réalité : Tous unis dans la diversité ! Elle est si belle cette devise, faisons la redevenir vérité. Nous habitons une terre magnifique, dure parfois, sauvage mais si belle. J’ai appris à l’aimer au travers des yeux de mon époux puis en la servant moi-même à chaque fois que l’occasion m’en a été donnée… Je refuse de croire, qu’elle puisse mourir ainsi dans le silence, je refuse d’accepter que ses habitants s’en aillent pour aller trouver ailleurs ce qui leur manque ici…"

La voix se fait chaleureuse, plus forte et toute pleine du désir de faire partager à son auditoire les sentiments qui l’animent.

" - Unissons nous pour l’amour du Bourbonnais-Auvergne, retournons à la source, pensons aux Fondateurs qui ont fait la grandeur de ce Duché ! Que ce qu’ils ont accompli ne tombe pas dans l'oubli et l'inutilité !
J’attends de vous que vous me rejoignez dans ma quête. Et s’il faut aller au Château pour qu’on nous entende, alors nous irons. Ensemble. Et en faisant confiance au peuple qui décidera. Nous nous devons de le convaincre que tout est encore possible et que nous voulons et pouvons y arriver. L’heure est venue, mes amis… Maintenant."

C’est le moment que choisît Maurin pour réapparaitre un grand sourire affiché sur son visage, deux tonnelets cerclés sous les bras qu’il déposa sur le comptoir, s’attelant immédiatement à la mise en perce. Maurin servit le calva à la ronde, faisant couler à grand bruit le liquide ambré et odorant dans des gobelets d’étain. Ondine reprit, plus détendue, souriant désormais…Son gobelet à la main, toujours perchée sur son banc, redressant sa petite taille.

" - Je vous offre ce soir ce calva comme je vous offre ma conviction, mon enthousiasme, mes idées et l’Amour que j’ai de ce qui est devenu ma terre tout comme elle est la votre. Buvons, mes amis, à notre Duché, à son avenir, AU BOURBONNAIS AUVERGNE !!!
… et à tout ce qu’il représente pour nous."

Elle leva le bras pour trinquer, et but une grande gorgée du breuvage traditionnel de ses pères. Ce soir, elle venait de couper définitivement tout ce qui pouvait la relier à la Normandie pour se vouer corps et âme au Bourbonnais-Auvergne. Oubliée la mélancolie qui la tenait quand elle pensait à son village, effacées les difficultés qu’elle avait rencontrées en devenant par choix une étrangère. Ce soir, elle se sentait Bourbonnaise-Auvergnate au moins autant que chacune des personnes présentes. Descendant d’un bond léger du banc, elle sourit à Clélie et chercha le regard de son époux, guettant un signe d’approbation.
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